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Exposition · Godot Galéria

Nagy Gábor György

Nagy Gábor György: PIN 1966

La galerie Godot vous invite chaleureusement.

Gábor György Nagy, PIN 1966

À l'inauguration de l'exposition intitulée le 2 novembre 2006 à 20 h.

L’exposition est inaugurée par Iványi Bianca.

La transparence des genres et des médiums, leur fusion et l’infiltration continue de leurs fonctions se manifestent particulièrement dans le domaine de la gravure. Ce genre, à l’origine encore fondé sur des techniques manuelles, a accueilli les images créées par les médiums techniques – photo, impression numérique, tirage, électrographie – et on peut déjà observer, chez certains créateurs, un va-et-vient entre les possibilités offertes par le manuel et celles du technique. Selon ma connaissance de sa formation et de sa manière de voir, Nagy Gábor György est un créateur ayant une perspective de peintre traditionnelle ; néanmoins, en pratique, il se rapproche le plus des expressions graphiques et des genres qui leur correspondent. (Il a également obtenu son master en graphisme.) Cette doubleur le caractérise dans l'ensemble de ses œuvres, comme le montrent également les deux séries exposées ici. Cette démarche suppose la reconnaissance du fait que la peinture bénéficie d’un avantage historique et qu’elle apporte au genre une charge symbolique plus forte que le photo, outre toute qualité esthétique, qu’elle possède. Elle transposerait alors cette ligne de pensée dans les photos créées par ordinateur, et l’observation de l’œuvre finie devenirait comparable à celle d’une peinture.

Les images servent d’intermédiaire entre le monde et l’être humain. L’homme « existe », c’est‑à‑dire qu’il n’a pas accès directement au monde, et il doit donc être présenté à travers‑il des images. Ainsi, les images se placent entre le monde et l’être humain, et on peut parler essentiellement d’« oubli ». L’homme oublie qui a créé les images afin qu’il puisse, grâce à elles, s’orienter dans le monde. Mais il ne peut plus les décoder, et il vit donc dans une dépendance envers ses propres images : l’imagination s’est glissée dans l’hallucination. – écrit Vilém Flusser dans *La philosophie de la photographie*. Pour les œuvres de Nagy Gábor György, dont le fond est l’image qu’il a lui‑même prise, il ne s’agit pas réellement d’un oubli, mais plutôt d’un souvenir. Mais elles ne rappellent plus des images déjà vues, mais plutôt des états d’âme, des humeurs, des sensations que nous percevons lorsqu’elles se dévoilent. Ce mécanisme d’effet peut désigner, malgré tout, la nature même de l’image technique, puisqu’on a tendance à considérer les images basées sur la photo simplement comme des traces de la réalité, à les prendre pour des « fenêtres ». Pourtant, poursuit Flusser, l’« objectivité » de l’image technique n’est qu’une illusion. Car comme toute image, l’image technique ne montre pas seulement symboliquement, mais englobe aussi des complexes de symboles beaucoup plus abstraits que les images traditionnelles. Nagy Gábor György organise intentionnellement ses images en séries qui permettent que, dans le spectateur, ne reste pas une seule image mais le sens conceptuel de l’image. Pour cela, il faut évidemment réarranger légèrement la réalité afin qu’elle exprime plus que son apparence simple, et la prise en compte ne peut être complétée que par la « mise en place » de la vue elle‑même, mais également en incorporant le « temps » de l’observation, comme le langage de Flusser l’illustre, on peut influencer la « bande de temps ». La « bande de temps » dans laquelle l’intervalle de vision des deux séries se déplace n’est ni le rapide « flash », ni le calme « observation », mais le regard « fracturé ». Cette vision fracturée aimera transformer les choses en visions sans corps, comme Nagy Gábor György transforme les photos portant les traces du réel en visions subjectives. MULADI BRIGITTA

Ouvert jusqu'au 10 novembre, du mardi au vendredi de 10 à 18, et le samedi entre 10 et 13.

Artistes exposés

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